Projets pedagogiques
Vibrations Jeunes
Et si la musique devenait un espace pour apprendre à se connaître soi-même ? C’est le pari du Réidener Jugendtreff, qui a proposé pendant plus d’un an, de mars 2025 à juin 2026, des ateliers musicaux réguliers à des jeunes de 12 à 20 ans : chant, écriture de textes, interprétation, présence scénique. Les jeunes ont été encadré·es par des intervenant·es comme Pascal Gualandris, Don Gio et Claudio Borri, avec le soutien constant de l’équipe éducative du Jungendtreff.
Très vite, le projet a dépassé le cadre musical : les répétitions sont devenues des moments d’échange sur la confiance en soi, la gestion du stress et l’expression des émotions, l’équipe adaptant les ateliers aux besoins réels des participant·es. Plus de cinquante séances plus tard, une soixantaine de jeunes ont pris part à l’aventure, dont vingt-cinq engagé·es du début à la fin, jusqu’à l’enregistrement collectif et la réalisation d’un clip vidéo, partagé sur les réseaux sociaux. Plusieurs jeunes réservé·es au départ ont fini par assumer un rôle moteur dans le groupe, gagnant en assurance et en initiative artistique. Le projet a même attiré des jeunes qui ne participaient habituellement pas aux activités musicales du Jugendtreff.
Nikki Ninja - Projet pédagogique
Et si le hip-hop devenait un espace pour apprendre à tomber, et à se relever ? C’est le pari du projet Nikki Ninja, qui a réuni pendant douze ateliers, de janvier à mars 2026, deux classes aux profils très différents, où quinze nationalités se côtoient dans une même salle. Guidé·es par Nicole Bausch et Gilles Seyler, les trente enfants ont exploré l’univers de Nikki Ninja à travers l’écriture de leurs premiers textes de rap, tout en abordant, avec légèreté, des questions qui les touchent de près : le droit à l’erreur, ce qu’on rêve de devenir, à quoi ressemblera leur vie dans vingt ans.
Le projet ne s’est pas limité à l’écriture : les élèves de Mersch ont conçu eux-mêmes des costumes aux côtés de la costumière Alexandra Lichtenberger, tandis que ceux d’Eich ont appris les bases du graffiti avec le graphiste Sascha di Giambattista. Deux façons de découvrir que la création peut aussi être un métier. Une visite guidée à Neimënster, où la scène et ses coulisses techniques leur ont été dévoilées, est venue compléter ce parcours avant la sortie de l’album début juin, suivie d’une tournée de représentations en plein air à travers le pays. Au fil des séances, des liens de confiance durables se sont tissés, ouvrant la porte à des échanges sur ce qui rend triste, heureux ou en colère. C’est dans cette proximité que Nikki Ninja trouve sa singularité : aider chaque enfant à identifier son propre « pouvoir de super ninja ».
©Ben Wagner, Mierscher TheaterLocker Room Talk
Que signifie être un homme aujourd’hui ? C’est cette question, née d’une interrogation très personnelle de l’acteur Jan Jaroszek devenu père d’un garçon, que le Mierscher Theater a choisi de porter au plateau. Non pas comme une thèse, mais comme une écoute. Avant même d’ouvrir le « vestiaire » de la scène, l’équipe artistique, menée par Jan Jaroszek, Therese Lösch et Romy Weyrauch, est allée à la rencontre de sept classes dans cinq lycées du pays, où elle a recueilli, dans un climat de confiance, les représentations, les doutes et les expériences vécues des jeunes autour des masculinités et des injonctions de genre. Ce sont ces voix mêmes, enregistrées et parfois reconnues par leurs propres auteur·rices dans la salle, qui composent la matière première du spectacle, organisée comme un fil d’actualité fait de fragments et de situations qui se répondent.
Ce dialogue ne s’est pas arrêté à la dernière séance d’atelier : les classes participantes sont restées associées au processus de création jusqu’à la première, les 9 et 10 juin 2026 au Mierscher Theater, et le projet se prolonge à l’automne avec une conférence et une table ronde ouvertes au public. Cette démarche a été menée avec le soutien du Ministère de l’Égalité des genres et de la Diversité et d’infoMann pour en garantir la justesse pédagogique.
© Mars LépineDe Pierchen an de Wollef
Comment transformer un conte musical classique en véritable projet de territoire ? À Hobscheid, l’Harmonie Habscht et ses jeunes musicien·nes des Mezzo Forté Bléiser ont choisi d’y répondre en associant, de mai 2025 à mars 2026, les deux classes du cycle 2.2 de la commune à chaque étape de la création de « Pierchen an de Wollef ». Les enfants n’ont pas seulement préparé le spectacle : ils en ont façonné l’identité visuelle aux côtés d’une photographe professionnelle, allant du logo jusqu’aux énigmes et coloriages distribués au public. Sur scène, la distribution s’est élargie bien au-delà de l’œuvre originale pour qu’un maximum d’enfants, y compris ceux·celles ne souhaitant pas jouer, y trouve sa place.
Pendant ce temps, les jeunes musicien·nes des Mezzo Forté Bléiser ont construit le décor aux côtés d’un menuisier retraité et confectionné leurs costumes avec une costumière et une couturière, découvrant au passage des savoir-faire artisanaux rarement associés à la musique. Les deux représentations, données devant mille spectateur·rices au Centre polyvalent de Hobscheid, ont révélé une assurance scénique nouvelle chez les enfants et leurs deux jeunes narratrices.
Artelier
Artelier est un projet imaginé et porté par le collectif de jeunes F.O.M.O. (Friends Who Organize Magical Occasions), accompagné par Stayfou asbl. Organisé le 24 janvier 2026 aux Rotondes, cet événement a proposé une journée chaleureuse et inspirante réunissant de nombreux ateliers créatifs. Pensé par des jeunes pour des jeunes, le projet visait à rendre la culture locale plus accessible, à valoriser les artistes et initiatives du territoire, et à renforcer le lien social durant la période hivernale. La programmation a rencontré un vif succès : plus de 190 participant.es ont pris part à l’événement. Les nombreux retours positifs et l’enthousiasme suscité par ce format libre et participatif ont confirmé la pertinence de cette initiative, qui illustre pleinement la capacité des jeunes à concevoir et porter des projets culturels ambitieux et fédérateurs.
Plateforme AWA — Vol. 4
Rapprocher les mondes amateur et professionnel de la danse : c’est la vocation de la Plateforme AWA depuis sa création en 2018 par les chorégraphes Baptiste Hilbert et Catarina Barbosa. Pour sa quatrième édition, du 16 février au 1er mars 2026, la biennale a réuni, au TROIS C-L pour les ateliers et au Kinneksbond pour les spectacles, des danseur·euses venu·es de tout le pays et d’ailleurs.
Les masterclasses professionnelles, menées par des collectifs internationaux comme VERONAL ou Fighting Monkey, ont affiché complet chaque jour. Côté amateur, la Plateforme a poursuivi son volet inclusif initié en 2024, avec des ateliers dédiés aux plus de 55 ans, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap, guidé·es par le pédagogue anglais Joel O’Donoghue. Point d’orgue de cette édition : une création portée par la chorégraphe Anne-Mareike Hess avec la Junior Company du CND Luxembourg, qui a permis à de jeunes danseur·euses en herbe de vivre de l’intérieur un processus de création professionnel. Les deux soirées d’ouverture et de clôture, qui ont réuni huit pièces de chorégraphes émergent·es, ont fait salle comble.
©Steve Ginepri, MarionettefestivalMarionettefestival - Vergiess de Gaardenzwerg
Et si un simple objet du quotidien, retrouvé au fond d’un tiroir ou dans une brocante, pouvait devenir une œuvre d’art ? C’est l’expérience qu’a vécue un groupe d’enfants de la maison relais et une classe du Cycle 4.1 du Campus am Ale Bësch, à Eschdorf, aux côtés de l’artiste Lynn Scheidweiler. Pendant quinze ateliers de deux heures, entre février et juillet 2025, les enfants ont observé, détourné et transformé des objets trouvés ou recyclés, jusqu’à leur donner une seconde vie inattendue. Ces installations ont ensuite pris place dans le paysage rural de Tadler, intégrées à la programmation du Marionettefestival sous la forme d’un jeu de piste invitant les familles à partir à la chasse aux curiosités.
Pour construire ce parcours, les enfants ont pu compter sur la complicité de Pit Krack, collectionneur et brocanteur du village, qui a non seulement fourni les objets anciens à retravailler mais a lui-même organisé la chasse aux curiosités à travers ses rues. Le 10 juin 2025, une matinée de représentations a réuni 400 élèves de la commune d’Esch-sur-Sûre, suivie d’une balade où chacun a pu découvrir les créations de ses camarades. Les enfants les plus curieux sont repartis avec un théâtre en papier créé spécialement par l’illustratrice Annick Sinner. Au fil du projet, les jeunes participant·es sont passé·es du statut de spectateur·rices à celui de créateur·rices et de porteur·euses d’initiatives.
Graffiti@Bauschelt
10 ans d'une école de musique inclusive au Luxembourg
À l’occasion des 10 ans de la Reboredo’s Music School à Differdange, son fondateur João Reboredo a mené un projet artistique et pédagogique réunissant 40 élèves autour de l’histoire d’un petit garçon rêvant de créer une école de musique. Accompagné·es par cinq pédagogues, les jeunes participant·e·s se sont impliqué·e·s dans toutes les étapes de la création, de l’écriture des textes à la réalisation des illustrations, en passant par les répétitions et l’enregistrement des chansons interprétées lors des cours de musique. Cette aventure collective a donné lieu à la publication d’un livre illustré et d’un CD, témoins durables de cette expérience. Le projet a constitué un puissant levier d’expression, d’inclusion et d’épanouissement personnel. Au-delà de la réussite artistique, cette initiative a confirmé l’importance de favoriser la diversité et l’inclusion dans les projets culturels à l’école. Les retours très positifs des participant·e·s, qui souhaitent poursuivre l’enregistrement de nouvelles chansons et la création de nouvelles histoires, témoignent d’une motivation durable et d’un véritable engagement dans la pratique artistique collective.
Fun Acting for Film: YOUTH
Ce projet mené par l’asbl Club Créatif pour Jeunes Actifs en collaboration avec Sofiya Kudryavtseva, la créatrice de la plateforme acting.lu, a eu pour ambition de réunir 8 jeunes participant.es âgées de 16 à 25 ans dans la création de 3 courts-métrages. De l’idéation, à l’écriture du script, jusqu’à l’interprétation devant la caméra, les participant.es ont été impliqué.es dans chaque étape du projet.
A l’issue des ateliers et du tournage, une projection a été organisée au Cercle Cité, l’occasion pour les jeunes de monter sur le tapis rouge et de présenter fièrement l’aboutissement de plusieurs mois de travail.